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Patrick MARTIN Psychologue Paris 9e 

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C'est quoi la dépression  ?

Quand le Travail Consume

Imaginez un voile gris qui s’étend sur le monde, rendant les couleurs fades et les joies lointaines. C’est un peu cela, la dépression. Bien plus qu’une simple tristesse passagère, c’est un état persistant où la perte d’intérêt et de plaisir dans les activités quotidiennes devient la norme. Une fatigue intense peut s’installer, même sans effort particulier, et le sommeil, souvent perturbé, n’apporte pas le repos escompté.​Les pensées ont tendance à se teinter de négativité : sentiment de dévalorisation, culpabilité excessive, difficultés de concentration, voire des idées noires plus sombres. L’appétit et le poids peuvent varier significativement, tout comme l’agitation ou le ralentissement psychomoteur.​Il est crucial de comprendre que la dépression n’est pas une faiblesse ou un manque de volonté. Elle résulte d’une intrication complexe de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Sur le plan psychique, on peut l’envisager comme un retrait de l’investissement libidinal du monde extérieur, un repli sur soi où le sujet se trouve en proie à une perte d’objet interne. La parole, dans ce contexte, peut devenir un chemin pour dénouer cet enfermement et réinvestir le désir.

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Parmi les signaux cliniques

De plus, au moins un des deux premiers symptômes doit être présent :



Humeur dépressive présente pratiquement toute la journée, presque tous les jours. Cela peut être signalé par la personne (ex: se sentir triste, vide, sans espoir) ou observé par d'autres (ex: pleure). Chez les enfants et adolescents, cela peut se manifester par de l'irritabilité.


Diminution marquée de l'intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités, pratiquement toute la journée, presque tous les jours. C'est ce qu'on appelle l'anhédonie.


Les autres symptômes possibles, en plus d'un des deux premiers, sont :


Perte ou gain de poids significatif en l'absence de régime (par exemple, une modification du poids corporel excédant 5 % en un mois), ou diminution ou augmentation de l'appétit presque tous les jours. Chez l'enfant, l'absence de prise de poids attendue doit être prise en compte.


Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours.


Agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours (constaté par les autres, non limité à un sentiment subjectif de fébrilité ou de ralentissement intérieur).


Fatigue ou perte d'énergie presque tous les jours.


Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée (qui peut être délirante) presque tous les jours. Ce n'est pas seulement se reprocher d'être malade.


Diminution de l'aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision, presque tous les jours (signalée par la personne ou observée par les autres).


Pensées de mort récurrentes (pas seulement une peur de mourir), idées suicidaires récurrentes sans plan précis, tentative de suicide ou plan précis pour se suicider.

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La Dépression dans la Perspective Lacanienne

En tant que psychanalyste, aborder la dépression nécessite de s'éloigner de la vision symptomatologique et classificatoire du DSM, pour la penser comme un signifiant au sein de la structure subjective (de qui vous êtes), et non comme une simple maladie. Pour Lacan, la dépression n'est pas tant une pathologie de l'humeur qu'une conséquence d'un renoncement, d'un refus ou d'une défaillance dans le rapport du sujet au désir et à la castration symbolique (l'impossible existe et il faut si résoudre).

Ce tableau clinique se déploie initialement par un épuisement, escorté d'une anxiété et d'un stress qui débordent les capacités de réponse du sujet, s'accompagnant d'un sentiment d'inefficacité qui mine la motivation et engendre des comportements dysfonctionnels au sein de l'espace professionnel.

Cette condition psychique, insidieuse dans sa progression, peut longtemps échapper à la vigilance du sujet lui-même, résultant d'une discordance fondamentale entre les investissements subjectifs et la réalité du monde professionnel, souvent auto-entretenue par des stratégies d'adaptation inadéquates.​

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La Dépression comme Deuil Manqué ou Refus de la Castration

Lacan rejette l'idée d'une dépression comme "tristesse normale" ou comme simple trouble affectif. Il la situe plutôt comme un deuil impossible ou un refus du deuil. Non pas nécessairement le deuil d'une personne, mais le deuil d'un objet perdu, d'un fantasme, d'une illusion ou d'une partie de soi qui doit être symboliquement sacrifiée pour entrer pleinement dans l'ordre du langage et du désir.

Pour Lacan, le sujet est confronté à la castration symbolique, c'est-à-dire la reconnaissance qu'il ne peut pas tout avoir, qu'il y a une limite, une manque fondamental. Cette castration est ce qui ouvre l'accès au désir, car le désir naît du manque.

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La dépression, dans ce cadre, peut être entendue comme :



Le refus de la castration : Le sujet dépressif refuse d'accepter la perte ou le manque inhérent à l'existence. Il s'accroche à un objet idéalisé ou à une image de complétude qu'il n'aura jamais. Ce refus de la perte le fige dans une position où le désir ne peut plus circuler.


Le deuil d'une jouissance impossible : La dépression est souvent liée à la perte d'une jouissance (un plaisir absolu, un sentiment de complétude) que le sujet aurait fantasmé ou vécu. Le deuil de cette jouissance est alors impossible, car elle est intrinsèquement liée à un fantasme qui n'existe pas dans le réel. Le sujet se retire alors du champ du désir pour rester ancré dans cette perte illusoire.


La trahison du désir propre : Le sujet dépressif peut être celui qui a renoncé à son propre désir au profit du désir de l'Autre (la mère, le père, la société). En ne s'autorisant pas à désirer pour lui-même, il se retrouve dans une impasse où il ne peut plus investir la vie. La dépression est alors le prix à payer pour cette démission du désir.


L'échec de la métaphore paternelle : Dans des cas plus graves, la dépression peut être liée à une défaillance de la fonction paternelle (la métaphore paternelle) qui n'aurait pas suffisamment opéré pour séparer l'enfant du désir maternel. Le sujet reste alors fusionnel, sans accès à la loi symbolique qui lui permettrait de se positionner comme sujet désirant.

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Le Silence du Sujet et la Dette Symbolique point de vue psychologique lacanien :

Le dépressif est souvent caractérisé par un silence, un retrait, une incapacité à parler de son manque ou de son désir. Pour Lacan, ce silence n'est pas vide, mais plutôt le signe d'un impasse du signifiant. Le sujet ne trouve plus les mots pour nommer son manque, son désir, ou la perte qu'il ne peut pas symboliser.

La dépression peut aussi être comprise comme une dette symbolique non payée. Le sujet se sent coupable d'une faute inconsciente, d'un manquement à une loi non dite, ce qui l'enfonce dans une position de servitude et de non-désir.

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La Quête du Psychanalyste

Face à la dépression, l'objectif de la cure lacanienne n'est pas de "rendre le patient joyeux" ou de supprimer le symptôme par la voie médicamenteuse (même si celle-ci peut être nécessaire en appoint). Il s'agit plutôt d'aider le sujet à articuler son manque, à reconnaître son désir et à accepter la castration symbolique.

Le travail consistera à :



Faire parler le sujet : Rompre le silence, permettre l'émergence des signifiants qui sont à l'origine de son impasse.


Repérer le fantasme : Comprendre les scénarios inconscients qui le maintiennent dans cette position de renoncement.


Restaurer le lien au désir : Aider le sujet à réinvestir son propre désir, à s'autoriser à désirer et à agir en conséquence, même si cela implique de se confronter au manque et à la perte.



En somme, pour Lacan, la dépression n'est pas une maladie à guérir, mais une question structurelle que le sujet se pose à lui-même, un appel à la reconstruction de son rapport au désir et à la loi symbolique. Le rôle de l'analyste est d'accompagner le sujet dans ce cheminement pour qu'il puisse renouer avec sa place de sujet désirant et parlant.

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